Troubles de voisinage : bruits d'activité professionnelle (bar, restaurant, chantier...)
Vous êtes incommodé par des bruits d'activité professionnelle (bruits liés à un chantier, à l'activité d'un bar, d'une discothèque, d'une salle de sport diffusant de la musique...) ? Ces bruits peuvent être sanctionnés. Nous faisons le point sur la réglementation.
Quelles sont les obligations des restaurants, bars et discothèques ?
Les obligations varient en fonction de l’activité exercée par les établissements et de la diffusion de musique de manière amplifiée.
Obligations des restaurants et des bars
Les restaurants, bars et brasseries doivent respecter les obligations suivantes :
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Respecter la tranquillité du voisinage en évitant tout bruit qui dépasserait les inconvénients ordinaires de son activité en raison de sa durée, sa répétition, ou de son intensité
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Veiller à ce que les bruits d’activité professionnelle (équipements, vaisselle, ventilation, livraisons) ne génèrent pas une émergence sonore excessive chez les voisins
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Contrôler les bruits de comportement (cris, rires, éclats des voix) de la clientèle, notamment en terrasse ou à la sortie de l’établissement. Les responsables doivent notamment organiser les flux de clientèle (sorties, files d’attente, zones fumeurs) pour limiter les nuisances sonores sur la voie publique.
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Intervenir pour prévenir ou faire cesser le tapage nocturne provoqué par ses clients
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Respecter les arrêtés municipaux ou préfectoraux (horaires de fermeture, conditions d’exploitation des terrasses, fermeture des portes, limitation de la musique en extérieur etc.)
Obligations des discothèques
Les discothèques et, plus largement, tous les établissements recevant du public et diffusant à titre habituel de la musique amplifiée (bars, cafés, restaurants, salles polyvalents ou salle des fêtes) doivent respecter plusieurs obligations, dont les limites de niveaux sonores, l’étude d’impact des nuisances sonores et isolation.
Ces obligations sont soumises à des contrôles et des inspections qui peuvent intervenir dans les situations suivantes :
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Lors de l’ouverture d’un nouvel établissement
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Lors d’une demande initiale ou de renouvellement d’autorisation de fermeture tardive
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Lors de l’instruction d’une sanction administrative de fermeture temporaire
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Dans le cadre d’un plan de santé publique ou d’un programme d’inspection
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À la suite de plaintes de riverains ou d’un signal sanitaire d’un usager.
Les obligations à respecter sont les suivantes :
Limites de niveaux sonores
Les discothèques et autres établissements diffusant de la musique doivent respecter plusieurs limites de niveaux sonores.
Protection du voisinage
Tout d’abord, le bruit généré par l'établissement ne doit pas ressortir de manière excessive par rapport au bruit habituel du lieu. L'écart entre le bruit mesuré avec l'activité et le bruit habituel sans elle (appelé émergence sonore) ne doit pas dépasser +5 dB(A) le jour (entre 7h et 22h) et +3 dB(A) la nuit (entre 22h à 7h).
Ces seuils s'appliquent uniquement lorsque le niveau sonore ambiant dépasse 25 dB(A) à l'intérieur d'un logement voisin (ou 30 dB(A) dans les autres cas).
Il existe néanmoins une certaine tolérance. Une marge supplémentaire s'ajoute ainsi aux seuils ci-dessus en fonction de la durée pendant laquelle le bruit est audible :
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Durée cumulée du bruit |
Marge supplémentaire |
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Moins de 1 minute |
+6 dB(A) |
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De 1 à 5 minutes |
+5 dB(A) |
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De 5 à 20 minutes |
+4 dB(A) |
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De 20 minutes à 2 heures |
+3 dB(A) |
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De 2 à 4 heures |
+2 dB(A) |
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De 4 à 8 heures |
+1 dB(A) |
Protection du public à l’intérieur de l’établissement
Ensuite, l’ensemble des bruits auxquels le public est exposé (sons amplifiés, bruit du public, climatisation, etc.) ne doit jamais dépasser les niveaux de pression acoustique continus équivalents à :
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102 décibels pondérés A (mesure le son tel que l'oreille humaine le perçoit) sur 15 minutes
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Et 118 décibels pondérés C (mesure aussi les basses fréquences) sur 15 minutes.
Étude d’impact des nuisances sonores et isolation
L'exploitant de l'établissement doit réaliser une étude d’impact des nuisances sonores, comportant notamment :
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Une étude acoustique des niveaux de pression acoustique à l’intérieur et à l’extérieur du local
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La détermination des travaux d’isolation nécessaires
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La description des dispositions prises pour limiter le niveau sonore aux valeurs réglementaires.
Cette étude doit être mise à jour en cas de modification des aménagements des locaux, de modification des activités, ou de modification du système de diffusion sonore, s'ils ne sont pas prévus par l'étude initiale.
L'exploitant doit présenter l'étude en cas de contrôle.
L’exploitant de l’établissement doit également respecter des prescriptions d’isolation des locaux, notamment lorsqu’ils sont situés dans des immeubles d’habitation, afin de ne pas dépasser les valeurs maximales d’émergence fixées par la réglementation.
Limitateur de pression acoustique
Le limitateur de pression acoustique est un dispositif électronique qui s'installe sur le système de sonorisation d'un établissement. Il détecte en temps réel le niveau sonore émis et bloque automatiquement toute diffusion qui dépasserait un seuil préalablement fixé, empêchant ainsi toute surexposition sonore du public.
Ce dispositif est obligatoire dans tous les établissements recevant du public (ERP) (professionnels) qui diffusent de la musique amplifiée à titre habituel.
Il doit être installé et réglé par un professionnel agréé, de façon à ne pas pouvoir être contourné ou modifié par l'exploitant. Les paramètres de réglage doivent être consignés dans un document tenu à la disposition des agents de contrôle.
Enregistrement, affichage, protections auditives, zones de repos
L’exploitant de l’établissement doit également :
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Enregistrer en continu les niveaux sonores en dB(A) et dB(C) auxquels le public est exposé et conserver ces enregistrements
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Afficher en continu, à proximité du système de contrôle de la sonorisation, les niveaux sonores en dB(A) et dB(C)
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Informer le public sur les risques auditifs (messages du type : s’éloigner des enceintes, faire des pauses, porter des protections auditives)
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Mettre gratuitement à disposition du public des protections auditives individuelles adaptées (bouchons, casques)
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Créer des zones de repos auditif ou organiser des périodes de repos auditif où le niveau sonore est significativement réduit.
Que faire en cas de nuisances sonores provenant d’activité professionnelle ?
Il est possible d’engager plusieurs démarches à l’encontre de l’exploitant de l’établissement afin de faire cesser les nuisances sonores lorsque l’une des conditions suivantes est remplie :
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L’activité à l’origine des nuisances n’existait pas avant l’installation de la victime des nuisances. Cette situation peut notamment être établie par la production d’un acte de vente, d’un bail ou de tout acte conférant la jouissance du bien.
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La législation ou la réglementation en vigueur n’est pas respectée, notamment en matière de bruit, d’horaires d’exploitation, d’isolement acoustique ou de diffusion de sons amplifiés
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L’activité, bien qu’antérieure à l’installation de la victime, se poursuit dans des conditions différentes ou nouvelles ayant entraîné une aggravation des nuisances, par exemple en raison d’une augmentation du volume sonore, d’une extension des horaires, d’une modification des équipements ou d’une intensification de l’activité.
À l’inverse, lorsque l’activité est antérieure à l’installation de la victime, qu’elle est exercée conformément à la réglementation en vigueur et qu’elle se poursuit dans les mêmes conditions sans aggravation du trouble, la responsabilité de l’exploitant ne peut pas être engagée.
Engager des démarches amiables
Aller voir l’exploitant/le gérant de l’établissement
Tout d’abord, il est nécessaire d’aller voir l'exploitant de l'établissement d'où proviennent les bruits pour lui faire part de la gêne et lui demander de faire cesser les nuisances.
Si les nuisances persistent, envoyer un courrier simple
Si l’exploitant n'agit pas, il est conseiller d’envoyer un courrier simple.
Ce courrier doit rappeler :
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Les nuisances (jours, horaires, nature des bruits)
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La gêne occasionnée par ce bruit dans la vie quotidienne (notamment l’atteinte à la tranquilité ou à la santé)
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Si le logement est en copropriété, les éventuelles clauses du règlement de copropriété (particuliers) notamment celles liées à l'interdiction de troubler la tranquillité des occupants par tout bruit, de quelque nature qu'il soit
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La nécessité de faire cesser les troubles de voisinage.
Si les nuisances continuent, envoyer un courrier recommandé avec accusé de réception
En cas d'inaction de l'exploitant, un courrier recommandé avec accusé de réception le mettant en demeure de faire cesser la gêne occasionnée par le bruit doit lui être envoyé.
Cette lettre reprend les informations contenues dans le précédent courrier.
Si les démarches amiables sont infructueuses, saisir le maire
Si les démarches amiables sont infructueuses, il est nécessaire d’adresser un courrier recommandé au maire de la commune du lieu de situation de l’établissement.
mairieCe courrier doit décrire les troubles subis (dates, heures, nature des nuisances) et demander l’usage des pouvoirs de police pour les faire cesser. Cette demande doit être accompagnée des preuves de l’existence des nuisances (journal de bord des nuisances, témoignages d’autres voisins, constat établi par un commissaire de justice (particuliers), enregistrements sonores ou des copies des plaintes ou mains courantes déjà déposées).
Le maire peut :
Faire intervenir la police municipale ou nationale pour constater les infractions
Verbaliser (infliger des amendes)
Prendre des arrêtés limitant les horaires ou imposant certaines mesures à l’exploitant.
Éventuellement, déposer plainte
En complément des démarches amiables et de la lettre au maire, il est possible de faire appel à la police ou la gendarmerie.
commissariat_policegendarmerieLes policier et les gendarmes peuvent se déplacer. Dans ce cas, leur intervention consiste à procéder à un constat du bruit ainsi qu'à une verbalisation de l'auteur si les nuisances sonores sont avérées.
En effet, une amende forfaitaire peut être infligée à l'exploitant pour un montant de :
68 € s'il règle l'amende immédiatement ou dans les 45 jours suivant le constat d'infraction (ou l'envoi de l'avis d'infraction s'il existe),
180 € après ce délai.
Vous pouvez également .
Si les nuisances persistent, faire une tentative de règlement amiable
Pour trouver une solution amiable avec l'exploitant si les nuisances persistent, il est possible de recourir à :
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Un conciliateur de justice (particuliers) (démarche gratuite)
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Un médiateur (particuliers) (démarche payante)
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Une procédure participative (démarche payante avec recours à un avocat).
Envisager un recours au juge en cas d'échec du règlement amiable
Si toutes les précédentes démarches n’ont pas abouti, il est possible de faire un recours auprès du tribunal judiciaire du lieu de situation de l'établissement (particuliers) pour :
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Faire reconnaître le trouble anormal de voisinage
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Obtenir des mesures de cessation ou de réduction des nuisances (par exemple travaux d’isolation, déplacement d’équipements, limitation d’horaires etc), éventuellement sous astreinte
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Solliciter des dommages et intérêts pour réparer ou compenser le trouble subi (trouble de jouissance, dépréciation du bien immobilier, préjudice moral).
Ces demandes doivent être accompagnées des pièces justificatives pour démontrer la réalité des nuisances (par exemple, constat du commissaire de justice ou procès-verbal établi par la police ou la gendarmerie, courriers échangés avec l’exploitant, témoignages, pétitions etc.) et l’existence d’un préjudice (par exemple, certificat médical si votre état de santé s'est dégradé en raison de ces nuisances).
Il est recommandé de se faire accompagner par un avocat pour cette procédure.
Rappel
Il est obligatoire d'avoir recours à un conciliateur de justice ou à un médiateur ou à une procédure participative pour pouvoir, par la suite, faire un recours auprès du tribunal.
Quelles sont les sanctions possibles pour l'auteur du trouble ?
L'exploitant peut engager sa responsabilité pour trouble anormal de voisinage.
Le juge peut ordonner les mesures suivantes :
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Obligation de réaliser des travaux d'insonorisation de l'établissement ou encore la fermeture provisoire de l'établissement à titre de sanction
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Versement de dommages et intérêts
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Paiement d'une amende d'au maximum 1 500 € (3 000 € en cas de récidive)
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Confiscation du matériel ayant servi à commettre le bruit (par exemple, matériel de sonorisation).
Quels sont les chantiers soumis aux obligations en matière de bruits de chantier ?
Les chantiers concernés par les obligations spécifiques en matières de bruits sont les suivants :
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Les chantiers de travaux publics ou privés soumis à autorisation ou à déclaration (permis de construire (particuliers) ou déclaration de travaux). C’est le cas, par exemple, de la construction d’une maison individuelle ou d’un immeuble, de l’extension d’un pavillon, de la création d’un parking, du ravalement d’une façade ou de l’installation de panneaux photovoltaïques visibles
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Les travaux intéressant les bâtiments et les équipements soumis à autorisation ou à déclaration. C’est le cas, par exemple, de travaux de réhabilitation d’un immeuble ou de démolition partielles, de travaux de surélévation, d’une réfection complète des réseaux électriques ou de plomberie, de travaux sur une chaufferie collective ou d’une station de pompage.
Quelles sont les obligations en matière de bruits de chantiers publics ou privés ?
La personne ou l’entreprise en charge du chantier doit :
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Respecter les conditions d'utilisation ou d'exploitation des matériels et équipements (conformité, homologation, mode d’utilisation et entretien des engins utilisés...)
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Prendre toutes les précautions pour limiter le bruit (positionnement des engins, organisation du chantier, mise en place d’écrans antibruit, limitation des engins les plus bruyants aux heures de jour, arrêt des moteurs hors usage...)
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Respecter les horaires de chantier fixer par arrêté municipal ou préfectoral, propre à chaque commune ou département. En pratique, les travaux sont généralement réalisés durant les les jours ouvrables de 8h00 à 20h00 (ou de 7h30 à 19h30) pour limiter les nuisances sonores pour les riverains. Des dérogations par arrêté peuvent cependant être délivrées concernant les horaires des travaux, mais aussi les plages horaires d'utilisation de certains engins particulièrement bruyants
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Éviter tout comportement ou décision générant un bruit excessif ou évitable. C’est le cas, par exemple, du fonctionnement continu d’engins sans nécessité technique démontrée ou de man?uvres manifestement inutiles
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Informer le public qu’un chantier est en cours. Cette information est faite par un affichage visible sur les lieux. Cet affichage indique la durée des travaux, les horaires et les coordonnées du responsable. Les riverains doivent être informés des phases du chantier les plus bruyantes et des raisons pour lesquelles elles le sont.
Que faire si les obligations en matière de bruits de chantier ne sont pas respectées ?
Vérifier le cadre règlementaire
Tout d’abord, il est important de déterminer si :
Le chantier est soumis à une autorisation ou une déclaration de travaux
Il existe un arrêté municipal ou préfectoral fixant les horaires et les prescriptions du chantier.
Ces éléments sont consultables auprès des services de la mairie de la commune sur laquelle sont réalisées les travaux :
mairieEngager des démarches amiables
Ensuite, il est recommandé de contacter l’entreprise intervenante ou le maître d’ouvrage (mairie, promoteur, syndic etc.) pour signaler les nuisances sonores et demander de prendre tous les précautions nécessaires pour limiter le bruit.
Il peut s’agir, par exemple, de respect des horaires fixés par arrêté municipal ou préfectoral ou de mettre en place des mesures de réduction du bruit (par exemple, écrans, type d’engins, organisation du chantier ).
Cette demande peut être faite à l’oral mais il est conseillé de la faire par écrit (courriel, courrier simple ou courrier recommandé).
Saisir le maire
Le maire dispose d’un pouvoir de police générale pour assurer la tranquillité publique des habitants et réprimer les bruits et troubles de voisinage.
Il doit être saisi par écrit. Un modèle de courrier est consultable.
Le maire peut notamment :
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Faire contrôler et sanctionner le non-respect des arrêtés municipaux (contravention, verbalisation par un agent de l’Etat spécialement habilité et assermenté)
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Mettre en demeure l'entreprise de respecter les conditions de réalisation du chantier et les horaires autorisés
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Imposer des mesures correctrices (modification des horaires, dispositifs anti?bruit supplémentaires, etc.)
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Suspendre les activités jusqu’à exécution des mesures prescrites par l’arrêté, ce qui peut conduire à un arrêt temporaire du chantier.
Éventuellement, porter plainte
Si les nuisances persistent malgré les démarches amiables, il est possible de déposer une main courante ou porter plainte (particuliers) auprès des services de police ou de gendarmerie.
commissariat_policegendarmerieEngager une action en responsabilité pour trouble anormal de voisinage
La nature privée ou publique des ouvrages va déterminer le juge compétent pour intenter une action en justice sur le fondement du trouble anormal de voisinage.
Action devant le juge civil
Un riverain (voisin, occupant d’un immeuble, propriétaire, locataire etc) peut saisir le tribunal judiciaire du lieu de situation de l’immeuble si les nuisances de chantier constituent un trouble anormal de voisinage.
Pour cela, il faut prouver les 3 éléments suivants :
L’existence d’un trouble anormal (bruit, poussières, difficultés d’accès, etc.) excédant les inconvénients normaux du voisinage. Cette anormalité s’apprécie en prenant compte la gravite et la durée du trouble ainsi que l’environnement du chantier (quartier déjà bruyant ou non, caractère touristique ou non, etc.)
L’existence d’un préjudice (gêne de jouissance, perte de clientèle, dépréciation immobilière, fissure, désordres causés à l’immeuble nécessitant des travaux de réparation etc)
Et le lien de causalité direct entre le trouble et le préjudice.
Cette action en indemnisation peut être dirigée à l’encontre du maître d’ouvrage et/ou l’entrepreneur et/ou des sous-traitants. Il est recommandé de se faire accompagner par un avocat.
Action devant le juge administratif
Lorsque les nuisances proviennent de travaux ou ouvrages publics (route, tramway, ouvrage public de transport, etc.), les voisins peuvent saisir le tribunal administratif de la commune sur laquelle les travaux sont effectués.
taIl doit être démontré un trouble :
Anormal, c’est-à-dire que la gêne dépasse les contraintes que les riverains sont normalement tenus de supporter dans l’intérêt général
Et spécial en ce qu’il affecte un nombre limité de personnes ou présente une intensité particulière.
Les préjudices indemnisables peuvent être commerciaux (baisse de chiffre d’affaires liée au chantier), patrimoniaux (dépréciation de la valeur d’une propriété) ou des troubles de jouissance (bruits, poussières, difficultés d’accès).
Quelles sont les sanctions possibles pour l'auteur des nuisances provenant des bruits de chantier ?
Les sanctions possibles pour la personne en charge du chantier sont les suivantes :
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Paiement d'une amende d'au maximum 1 500 € (3 000 € en cas de récidive)
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Interruption du chantier en cas de non-respect des prescriptions de l’arrêté municipal et préfectoral, après injonction du maire
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Versement de dommages et intérêts en cas d’action judiciaire aux termes de laquelle le trouble est reconnu comme anormal.
Pour en savoir plus
- Guide pratique : isoler son logement du bruit - 3.4 MB - Information pratique - Agence de la transition écologique (Ademe)
- Réglementation acoustique des bâtiments d'habitation neufs - Information pratique - Ministère chargé de l'environnement
Services et formulaires en ligne
Modèle d'attestation de témoin (particuliers)
Voir aussi...
- Conciliateur de justice (particuliers)
- Aide aux travaux d'insonorisation d'un logement proche d'un aéroport (particuliers)
- Autre cas : bruit d'un voisin (particuliers)